Avez-vous fait l’expérience d’avoir un coup de foudre pour « un autre » – une personne, un
enseignement, un projet, un lieu – et d’avoir basculé en peu de temps vers une envie
d’éloignement, une méfiance ou une déception ?
Cette dynamique d’idéalisation et de déception dans la relation peut se répéter dans des
contextes très différents, au point de devenir un véritable schéma relationnel répétitif.
Je remarque régulièrement chez moi une dynamique qui se répète dans des contextes très
différents.
Dans une première phase, je vois tout ce que j’aime chez « l’autre », de façon vraiment
naturelle, sans aucun effort.
Ensuite arrive, tôt ou tard, une phase pendant laquelle je commence à percevoir les choses que
je n’aime pas.
Et à ne plus vraiment percevoir ce que j’apprécie.
Dans cette phase, je peux me retrouver à juger, à me méfier, même à craindre, à avoir envie de
m’éloigner, d’abandonner ou d’insister pour changer.
Je peux avoir la sensation de m’être illusionnée dans un premier temps, et de voir enfin
lucidement.
Si je ne l’avais pas vécue une infinité de fois, dans des contextes extrêmement différents, ce
serait encore compliqué de m’interroger sur la répétitivité du scénario.
Et la répétitivité, c’est un indice précieux que quelque chose coince le naturel de la vie que je
suis.
En réalité, j’étais plus proche de voir la vérité dans la première phase que dans la deuxième.
Je m’explique.
Idéalisation et déception : deux regards qui coexistent
Nous pouvons observer un autre et toute chose à partir de deux points de vue différents qui
coexistent simultanément à l’intérieur de nous.
Même si nous avons tendance à basculer de l’un à l’autre, sans vraiment les intégrer comme
coexistants en nous.
Ce sont deux angles de vue qui perçoivent le réel de façon très différente.
L’un est le regard de l’amour, qui se présente spontanément dans un premier temps, tout
comme les enfants voient le monde avec les yeux de l’émerveillement et de la confiance.
L’autre est le regard de la peur, qui est le résultat des interprétations de notre vécu passé de «
manque d’amour ».
Cette peur prend souvent la forme de jugements.
Et ces jugements ont pour fonction de nous protéger des risques éventuels de répétition du
passé.
Quand la peur ancienne colore la relation présente
Dans la plupart des cas, nous ne sommes pas en contact avec la peur qui se cache dans les
jugements que nous portons, ni avec son origine dans notre vécu personnel.
Disons par exemple que je commence à percevoir quelqu’un comme égoïste ou autocentré : si
je tire le fil et que je me mets à l’écoute des strates qui accompagnent ce jugement, je peux
facilement voir que je crains la répétition de quelque chose dont j’ai déjà fait l’expérience.
Avoir peur face à un danger réel est sain et précieux : c’est bien ce qui me permet de me mettre
à l’abri.
Mais nos peurs « rétroactives » sont rarement vraiment face à un danger.
Elles sont plutôt la mémoire d’un danger perçu quelque part dans notre histoire.
Et sans m’en rendre compte, ce danger perçu active un grand focus sur le « négatif » chez
l’autre, qui commence à dominer tout l’écran de ma perception, jusqu’à réduire l’autre à
quelques traits de personnalité qui semblent effacer tout le reste de ce qu’il est.
Jusqu’à ce que je sois persuadée « d’y voir clair, enfin ».
Je reste alors esclave de ma peur et je restreins la richesse du réel à mes lentilles rejetantes.
Ces lentilles vont tôt ou tard colorer le réel face à moi, même si je change de personne, de lieu,
de projet, etc.
Schémas répétitifs en amour : quand la déception devient
chronique
C’est là que, fatigués d’un sentiment de déception chronique, nous pouvons soit nous isoler du
monde, tout en y restant mais en nous rendant très distants, finalement irréjoignables, soit
choisir de revenir à l’amour.
Non pas un amour aveugle qui prétend ne pas voir le contraste qui habite chaque être, situation,
projet ou lieu.
Mais l’amour qui embrasse ce qui est sans arrêter l’horizon de notre perception à notre passé.
Revenir à l’amour sans nier le réel
Et ce qui est présent, c’est tout d’abord mon filtre, que j’ai enfin éventuellement l’occasion de
reconnaître.
L’émotion ancienne liée au filtre, que j’ai enfin l’occasion de libérer.
L’enfant que j’étais, qui a élaboré le filtre, que j’ai enfin l’occasion d’aimer, de réconforter et de
rassurer.
Et ce qui est, c’est bien sûr l’autre en face de moi aussi.
Qui, comme moi, est un humain, avec des zones d’oubli et de manque qui s’expriment en un tas
de comportements compensatoires.
Et qui pourtant est un être essentiellement libre, essentiellement innocent, essentiellement
aimant, puissant, lumineux.
Et la vue du coeur est large. C’est la seule véritable « lucidité ».
Elle peut tout inclure pour faire de chaque rencontre ce laboratoire d’émergence de la vérité
au-delà des apparences, de l’amour au-delà de la peur.
Et ce n’est que depuis cette vision inclusive, éveillée, que tu peux choisir de partir ou rester, dire
ou taire, de façon juste, inspirée et féconde pour ta vie et la vie de tous.
Combien de relations, de situations auraient pu éclore à leur véritable potentiel si nous n’avions
pas arrêté notre vue à l’horizon de notre passé, inconscients que c’était cela à l’oeuvre ? Un
nombre infini.
Pour celles et ceux qui ont besoin d’aide avec cela, mon accompagnement Éclosion est
un espace pour élargir la clarté du coeur, reconnaître les filtres du passé et retrouver
l’expérience des possibles.
Vous pouvez également découvrir mon accompagnement individuel pour explorer les
schémas relationnels répétitifs et les dynamiques d’idéalisation, de projection et de
déception.
Avec amour,
Ilaria
