septembre 2026

Mer calme - accompagnement EMDR à Paris

Pourquoi ton désir est sacré et destiné à être réalisé

Désir et spiritualité ne sont pas deux mouvements opposés.  Ton désir est sacré. Et il est destiné à être réalisé. Non pas nécessairement selon la forme, le moment ou le chemin que tu imagines aujourd’hui. Mais parce qu’au cœur de ton désir, quelque chose cherche à devenir expérience. Nous avons longtemps appris à nous méfier du désir. À le considérer comme ce qui nous détourne de Dieu, de la Source, de notre nature profonde. Comme s’il fallait choisir entre le désir et le spirituel, entre la matière et l’Esprit, entre ce que nous désirons vivre ici et notre relation au divin. Dans l’écoute de mes profondeurs, ce que je réalise est exactement l’opposé. Le désir est le mouvement par lequel le non-manifesté ( la Source ) cherche à devenir expérience dans la manifestation. Nous, la manifestation, sommes son expérience. Si la Source est joie, elle désire que la joie devienne expérience à travers nous. Si elle est liberté, elle désire que la liberté devienne expérience. Si elle est Amour, elle désire que l’Amour puisse être vécu. Si elle est puissance créatrice, elle désire faire l’expérience de cette puissance dans les formes que nous créons. Nos désirs peuvent alors être entendus autrement : non comme la preuve de ce qui nous manque, mais comme l’appel de quelque chose qui cherche à s’actualiser à travers nous. L’innocence du désir Depuis très longtemps, le désir a été associé à la faute. Ève voit le fruit. Elle le désire. Elle le cueille. Elle le mange. Et nous avons appelé cela la Chute. Mais il existe une autre manière de contempler ce récit. Et s’il n’y avait pas eu de chute ? S’il y avait eu le désir d’Ève de saisir le fruit et, dans le même mouvement, le désir du divin de devenir expérience ? S’il n’y avait jamais eu en gros, deux volontés ? Sans cet élan, l’expérience n’aurait pas pu avoir lieu. Ce qui apparaît immédiatement après que le fruit a été mangé est profondément significatif : la honte et la culpabilité. Le désir est désormais jugé. Quelque chose qui était mouvement de vie devient objet de condamnation. Retrouver l’innocence du désir ne signifie pas considérer que tout désir doit être immédiatement agi, ni que tous ses mouvements nous amènent réellement ce à quoi on aspire profondément. Cela signifie cesser de considérer le désir lui-même comme une faute, et commencer à en saisir la nature « divine ». Le problème n’a jamais été le désir. La « souffrance » apparaît lorsque nous avons oublié la relation dont nous sommes issus. Ce que la manifestation oublie Nous sommes manifestation du non-manifesté. Et notre « position », notre place dans cette relation est fondamentalement une place de réceptivité avant tout. Nous recevons notre être, Nous recevons la vie, nous sommes la vie. Nous recevons, souffle après souffle, cette existence que nous ne produisons pas nous-mêmes. Et avec elle, nous recevons les qualités mêmes auxquelles nos désirs aspirent : la joie, l’Amour, la liberté, la puissance de créer, la paix, la plénitude, l’extase. Il ne s’agit donc pas de convaincre la Source de nous les donner. Il s’agit de retrouver notre dignité de recevoir ce qui est déjà donné et de permettre que ce don devienne expérience dans notre chair et dans notre vie. C’est ici, pour moi, que se trouve une différence essentielle avec beaucoup d’approches contemporaines de la manifestation. Manifester n’est pas seulement obtenir une forme Beaucoup d’approches de la manifestation travaillent essentiellement sur l’axe horizontal : moi → mon désir → la forme que je veux obtenir. Comment attirer cette relation ? Comment créer cette abondance ? Comment obtenir cette maison ? Comment rencontrer cette réussite ? Mais si ce mouvement ne revient pas à la Source, s’il ne nous ramène pas à la contemplation et à la réalisation expérientielle de la relation dont notre être lui-même procède, nous pouvons obtenir exactement la forme que nous désirions et demeurer pourtant dans la même conscience de séparation. Et alors la souffrance demeure, peut-être se suspend un petit instant, puis recommence. J’ai désiré l’argent et je l’ai obtenu — mais maintenant j’ai peur de le perdre. J’ai désiré cette relation et elle est là — mais maintenant j’ai peur que l’autre parte. J’ai désiré la reconnaissance et je suis reconnu — mais maintenant je dois continuer à l’être. J’ai obtenu la forme, mais je lui demande encore de me donner ce qu’elle ne pourra jamais garantir : ma sécurité ontologique, ma dignité, ma permanence, mon être. C’est pourquoi la réalisation extérieure d’un désir ne suffit pas à nous libérer de la peur. On peut posséder immensément et vivre dans la terreur de perdre. Parce que ce qui n’a pas encore été réalisé est la relation à la Source. Retrouver la verticale Sans la verticale, notre puissance de créer ne disparaît pas. Nous continuons à créer, parce que créer appartient à notre nature, celle-là qui nous a été déjà donnée. Mais cette puissance peut devenir errante. Nous créons alors depuis la peur. Nous pouvons aussi désirer à partir de la peur, ou du manque. Et tout manque est manque de réalisation « de notre nature en relation ». Nous accumulons pour nous protéger de la perte. Nous cherchons à prendre du pouvoir sur l’autre pour ne pas être abandonnés. Nous nous rendons invisibles pour ne pas être attaqués. Nous cherchons à être reconnus pour nous convaincre que nous avons de la valeur. Nous créons pour éloigner la mort parce que nous la croyons absolument vraie. Lorsque nous retrouvons la verticale, quelque chose change radicalement. Nous nous souvenons que notre être ne commence pas avec la forme et ne reçoit pas sa nature de la forme. Nous retrouvons la relation entre la manifestation que nous sommes et le non-manifesté dont elle procède. Nous retrouvons notre position de réception. Et alors la création peut cesser d’être une tentative d’échapper à la peur ou au manque pour redevenir la joie de créer. La différence est très subtile.

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Femme sous des fleurs roses, image illustrant un article sur l'intimité, le désir et les frontières personnelles.

Quand une part de nous désire l’intimité et qu’une autre veut fuir

J’accompagne une femme qui connaît bien ce mouvement.Lorsqu’une possibilité d’intimité se présente — et plus encore lorsqu’il s’agit d’un homme et qu’une proximité devient possible — deux forces très puissantes apparaissent en elle. Une partie désire aller vers l’autre, se laisser approcher, se laisser toucher, vivre la rencontre.Et une autre veut presque immédiatement prendre de la distance, se protéger, se défendre. Ce mouvement ne se manifeste pas uniquement dans la sexualité. Il peut apparaître chaque fois que quelqu’un commence réellement à nous rejoindre : lorsque la relation devient importante, lorsque nous sentons que l’autre pourrait entrer dans un espace de nous jusqu’alors protégé. Mais il peut atteindre une intensité particulière dans le désir sexuel, parce que la proximité devient alors profondément corporelle. Nos frontières ne sont plus seulement psychiques ou émotionnelles : elles deviennent sensibles, charnelles, immédiates. Ce n’est pas simplement qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut.Ou plutôt, oui, mais cette confusion naît d’une complexité vivante et sensible en elle. Lorsque nos frontières ont été brouillées très tôt — dans des relations de fusion, d’intrusion, parfois d’abus — nous pouvons avoir appris à « sentir l’autre » très fort, parfois avant même de nous sentir nous-mêmes. Son désir, son attente, son besoin peuvent entrer dans notre espace intérieur jusqu’à devenir difficiles à distinguer de notre propre mouvement. Alors, lorsqu’un homme la désire intensément et qu’elle sent surgir en elle aussi du désir, une question devient centrale : Est-ce vraiment mon désir, ou suis-je en train de fusionner avec le sien ? Retrouver une disponibilité à une intimité plus sûre demande pour elle de retrouver quelque chose de très précis : le discernement de son propre désir. C’est une clarté vitale :Ceci est mon désir. Ceci est le tien.Ils peuvent se rencontrer. Ils peuvent s’éveiller mutuellement, se répondre, se transformer au contact l’un de l’autre.Mais ils n’ont pas à fusionner. Retrouver cette distinction est un chemin.Lorsque ces frontières ont été brouillées très tôt, il ne suffit pas de comprendre intellectuellement que mon désir m’appartient et que celui de l’autre lui appartient. Ca ne se reconquière pas en quelque jours car nous est dit que nous avons la permission du non, ca ne marche pas comme ca s’il y a un vécu traumatique. Cette différence doit progressivement être réintégrée dans le corps, dans les émotions, dans notre manière de sentir ce qui se passe en nous au moment même de la rencontre. Cela demande un travail profond : apprendre à reconnaître ce qui s’ouvre, ce qui se ferme, ce qui avance, ce qui recule ; reconnaître et accueillir aussi les mémoires qui se réveillent et les mouvements qui viennent véritablement du présent. Il faut réapprendre à sentir suffisamment clairement ce qui m’appartient pour pouvoir rencontrer le désir de l’autre sans m’y perdre.Et là une autre distinction devient essentielle :désirer n’est pas agir. Je peux sentir un désir très puissant sans devoir immédiatement décider quoi en faire.Je peux l’accueillir, le sentir dans mon corps, le laisser circuler, l’écouter, sans le réprimer et sans lui obéir. Avant même de me demander quelle serait l’action juste, je peux commencer par rester avec lui.Que désire réellement ce désir ? Car le mouvement immédiat ne dit pas toujours encore ce à quoi nous aspirons profondément. Il y a peu, j’explorais avec un homme le désir sexuel qui s’était réveillé en lui en présence d’une femme. En allant plus loin dans son expérience, nous nous sommes aperçus qu’il s’était senti vu par elle, reconnu, aimé d’une certaine manière. Et presque immédiatement, le désir était devenu très fort. En restant avec ce mouvement, quelque chose est apparu : il y avait en lui une envie de retenir cette expérience. De l’arrêter au sens de la fixer, de la rendre stable, de s’assurer qu’elle ne puisse plus disparaître. Ce n’était pas seulement cette femme qu’il voulait retenir. C’était l’amour.Quelque chose en lui aspirait à un amour qui reste. Qui ne change pas. Qui ne se retire pas. Qui ne puisse pas être perdu. Et là, le désir nous conduisait bien plus loin que sa première forme sexuelle. Il révélait une aspiration à quelque chose d’immense : un amour absolu, stable, éternel. Or aucune personne ne peut garantir cela. Aucune relation, aucun corps, aucune maison, aucun compte en banque, aucune condition de vie ne peut cristalliser la permanence de l’expérience de l’amour, parce que ce à quoi nous aspirons ici ne se trouve pas dans l’objet. La forme peut nous permettre d’en faire l’expérience. Elle peut être profondément précieuse, unique, irremplaçable dans ce qu’elle fait naître en nous.Mais elle ne peut pas contenir l’Absolu. Lorsque nous ne reconnaissons pas cette aspiration, nous pouvons diriger vers la forme quelque chose qu’aucune forme ne peut accomplir. Et c’est là que peuvent naître des mouvements très différents.Chez certains, cette peur de perdre l’amour peut conduire à saisir. Lorsque l’autre met une frontière, ne me laisse pas entrer, ne me désire pas comme je le voudrais, ou commence à s’éloigner, quelque chose en moi peut vouloir retenir, convaincre, contrôler, posséder.Dans ses formes extrêmes, ce mouvement peut aller jusqu’à la prédation : tenter de posséder ce qui me donne accès à l’expérience de l’amour afin d’empêcher cet amour de disparaître. Le mouvement de « prédation » peut alors être compris comme une aspiration immense, mais profondément mal dirigée : chercher dans la possession d’une forme la permanence d’un Amour que la forme ne peut garantir. Cela n’excuse évidemment jamais la transgression, la violence ou l’abus. La responsabilité de celui qui impose reste entière. Mais cela permet de comprendre plus profondément ce que le mouvement cherchait, derrière la manière dont il a appris à le chercher. Et chez d’autres, la même peur produit presque le mouvement inverse. Non pas saisir l’autre, mais s’abandonner soi-même pour ne pas le perdre. Je sens ton désir et je fusionne avec. Je laisse entrer davantage que ce que ma vérité intérieure aurait choisi.Je renonce un peu à ma frontière, j’en perds le signal.Je m’adapte.Je répète l’habitude à me perdre moi-même plutôt

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Quand on n’entre pas dans la relation par la même porte

Quand nous n’entrons pas dans la relation par la même porte, nous pouvons facilement prendre la différence de l’autre pour un danger. Et si le véritable enjeu était de reconnaître ce que notre histoire projette sur le présent, pour retrouver nos propres désirs et rencontrer réellement l’altérité de l’autre ?

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