« Cette personne m’insupporte. »
« Elle est trop égoïste. »
« Il prend toute la place. »
« Elle est trop dépendante. »
« Il est arrogant. »
« Elle est trop émotionnelle. »
Nous pensons généralement que notre réaction parle de l’autre.
C’est ce que l’on appelle souvent, en psychologie, l’effet miroir.
Pourtant, elle parle souvent aussi de nous.
Plus précisément, elle peut révéler l’existence d’une partie de nous-mêmes que nous avons
appris à réprimer.
Parfois, c’est notre créativité qui a été mise de côté. Parfois notre sensualité, notre force, notre
colère, notre douceur ou notre capacité à nous affirmer. Parfois encore, c’est la part
entreprenante, confiante ou audacieuse de nous-mêmes qui a été reléguée dans l’ombre.
Au fil de notre histoire, certaines dimensions spontanées de notre être n’ont pas toujours été
accueillies, reconnues ou aimées. Très tôt, nous comprenons qu’il est parfois plus sûr de
préserver le lien que de rester totalement authentiques.
Nous apprenons alors à mettre de côté certaines facettes de nous-mêmes.
• La colère.
• La vulnérabilité.
• La puissance.
• La liberté.
• La sensibilité.
• L’audace.
• La dépendance.
• Ou parfois même la joie.
Peu à peu, certaines parties deviennent dominantes — on les appelle « les parties primaires »
— tandis que d’autres sont reléguées dans l’ombre.
Et avec elles, une part considérable de notre potentiel.
Quand l’autre incarne ce que nous ne nous autorisons plus à
vivre
Par exemple, une personne qui a appris à être gentille, conciliante et accommodante pourra se
sentir particulièrement dérangée par quelqu’un qui s’affirme, prend sa place ou privilégie ses
propres besoins.
Non pas nécessairement parce que celui-ci a tort.
Mais parce qu’il incarne une énergie qu’elle ne s’autorise plus à vivre.
À l’inverse, quelqu’un qui valorise énormément son indépendance pourra être irrité par les
personnes qui expriment leurs besoins ou leur vulnérabilité.
Comme si ce qu’il refuse en lui-même venait soudain prendre forme devant lui.
Nos sous-personnalités primaires deviennent nos identités privilégiées.
Nous ne faisons pas seulement preuve de gentillesse.
Nous devenons « la gentille ».
Nous ne faisons pas seulement preuve de force.
Nous devenons « le fort ».
Nous ne faisons pas seulement preuve de sagesse.
Nous devenons « le sage ».
Nous basculons ainsi du choix à l’injonction intérieure.
La dominance accordée à ces parties a eu pour fonction d’essayer de nous faire sentir aimés,
reconnus ou acceptés.
C’est ainsi qu’elles sont devenues dominantes. Et que leurs opposés ont été exilés.
Le problème n’est pas que certaines parties soient développées.
Le problème apparaît lorsqu’elles deviennent les seules réponses possibles.
Lorsqu’on ne peut plus dire non.
Lorsqu’on ne peut plus demander de l’aide.
Lorsqu’on ne peut plus se reposer.
À ce moment-là, nous ne choisissons plus.
Nous fonctionnons en pilotage automatique.
L’effet miroir en psychologie : une possibilité, pas une règle
C’est pourquoi ce qui nous irrite profondément chez les autres constitue souvent un indice
précieux.
L’autre devient un miroir.
Là où il nous agace, il peut nous montrer une énergie que nous avons perdue, rejetée ou
oubliée.
Mais cela ne signifie pas que tout ce qui nous dérange chez l’autre soit nécessairement une
projection ou une partie refoulée de nous-mêmes.
Parfois, ce que nous percevons chez l’autre existe réellement et vient toucher une limite, une
valeur, une blessure ou quelque chose d’essentiel pour nous.
L’effet miroir n’est donc pas une règle qui permettrait de conclure : « Si cela me dérange chez
l’autre, c’est forcément parce que je suis pareil. »
Il peut plutôt devenir une invitation à déplacer un instant notre regard de l’extérieur vers
l’intérieur et à nous demander : pourquoi cela me touche-t-il autant ?
L’effet miroir dans les relations amoureuses
Cet effet miroir peut se manifester avec une intensité particulière dans nos relations
amoureuses.
L’autre porte très souvent des traits, des qualités ou des énergies que nous avons
réprimés en nous-mêmes.
Ne voyant pas cela clairement, et ne sachant pas comment vivre la relation comme une
opportunité de réintégration plutôt que comme une menace, nous transformons parfois ce qui
pourrait devenir un chemin de croissance en un motif de séparation.
Ainsi, l’endroit même où la vie nous invite à retrouver une part oubliée de nous-mêmes devient
parfois le lieu du conflit, du jugement ou de l’éloignement.
C’est triste, non ?
Oui, mais surtout… ce n’est pas inéluctable.
Non pas qu’il faille devenir comme l’autre.
Mais derrière notre jugement peut exister une partie de nous qui demande à être reconnue.
Réintégrer les parts de soi restées dans l’ombre
D’après Jung, l’acceptation et l’intégration de l’Ombre participent au processus d’individuation :
devenir davantage soi-même.
Le Dialogue Intérieur, approche d’une grande précision, permet précisément d’explorer ces
territoires exilés.
Issu notamment des travaux de Hal et Sidra Stone et nourri par la psychologie jungienne, cet
outil invite à reconnaître les parties dominantes qui gouvernent notre vie, mais aussi celles qui
ont été mises de côté pour préserver l’amour, l’appartenance ou la sécurité.
À mesure que ces différentes voix retrouvent leur place, une nouvelle liberté apparaît.
Nous ne sommes plus condamnés à être toujours gentils, toujours forts, toujours spirituels ou
toujours responsables. Toujours rationnels, toujours désengagés ou engagés, toujours petits et
humbles, toujours grands et efficaces.
Nous retrouvons l’accès à l’ensemble de nos ressources.
La douceur quand elle est juste.
La fermeté quand elle est nécessaire.
L’ouverture quand elle est juste.
La protection quand elle est requise.
Car la guérison n’est pas de supprimer certaines parties de soi.
C’est d’élargir suffisamment sa conscience pour qu’aucune d’entre elles n’ait besoin de vivre
dans l’exil.
Et le chemin peut commencer par une question toute simple :
« Qu’est-ce qui m’agace tant chez cette personne… et qu’est-ce que cela pourrait bien
raconter de moi ? »
Si cet article résonne avec votre propre histoire et que vous souhaitez poursuivre ce
chemin de réintégration des parts de vous-même restées dans l’ombre, je vous propose
un entretien découverte offert.
Nous prendrons le temps d’explorer ensemble votre situation et de voir si un accompagnement
pourrait soutenir votre processus.
Vous pouvez m’écrire à cette adresse : ilariainscriptions@gmail.com
