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Mer calme - accompagnement EMDR à Paris

Pourquoi ton désir est sacré et destiné à être réalisé

Désir et spiritualité ne sont pas deux mouvements opposés.  Ton désir est sacré. Et il est destiné à être réalisé. Non pas nécessairement selon la forme, le moment ou le chemin que tu imagines aujourd’hui. Mais parce qu’au cœur de ton désir, quelque chose cherche à devenir expérience. Nous avons longtemps appris à nous méfier du désir. À le considérer comme ce qui nous détourne de Dieu, de la Source, de notre nature profonde. Comme s’il fallait choisir entre le désir et le spirituel, entre la matière et l’Esprit, entre ce que nous désirons vivre ici et notre relation au divin. Dans l’écoute de mes profondeurs, ce que je réalise est exactement l’opposé. Le désir est le mouvement par lequel le non-manifesté ( la Source ) cherche à devenir expérience dans la manifestation. Nous, la manifestation, sommes son expérience. Si la Source est joie, elle désire que la joie devienne expérience à travers nous. Si elle est liberté, elle désire que la liberté devienne expérience. Si elle est Amour, elle désire que l’Amour puisse être vécu. Si elle est puissance créatrice, elle désire faire l’expérience de cette puissance dans les formes que nous créons. Nos désirs peuvent alors être entendus autrement : non comme la preuve de ce qui nous manque, mais comme l’appel de quelque chose qui cherche à s’actualiser à travers nous. L’innocence du désir Depuis très longtemps, le désir a été associé à la faute. Ève voit le fruit. Elle le désire. Elle le cueille. Elle le mange. Et nous avons appelé cela la Chute. Mais il existe une autre manière de contempler ce récit. Et s’il n’y avait pas eu de chute ? S’il y avait eu le désir d’Ève de saisir le fruit et, dans le même mouvement, le désir du divin de devenir expérience ? S’il n’y avait jamais eu en gros, deux volontés ? Sans cet élan, l’expérience n’aurait pas pu avoir lieu. Ce qui apparaît immédiatement après que le fruit a été mangé est profondément significatif : la honte et la culpabilité. Le désir est désormais jugé. Quelque chose qui était mouvement de vie devient objet de condamnation. Retrouver l’innocence du désir ne signifie pas considérer que tout désir doit être immédiatement agi, ni que tous ses mouvements nous amènent réellement ce à quoi on aspire profondément. Cela signifie cesser de considérer le désir lui-même comme une faute, et commencer à en saisir la nature « divine ». Le problème n’a jamais été le désir. La « souffrance » apparaît lorsque nous avons oublié la relation dont nous sommes issus. Ce que la manifestation oublie Nous sommes manifestation du non-manifesté. Et notre « position », notre place dans cette relation est fondamentalement une place de réceptivité avant tout. Nous recevons notre être, Nous recevons la vie, nous sommes la vie. Nous recevons, souffle après souffle, cette existence que nous ne produisons pas nous-mêmes. Et avec elle, nous recevons les qualités mêmes auxquelles nos désirs aspirent : la joie, l’Amour, la liberté, la puissance de créer, la paix, la plénitude, l’extase. Il ne s’agit donc pas de convaincre la Source de nous les donner. Il s’agit de retrouver notre dignité de recevoir ce qui est déjà donné et de permettre que ce don devienne expérience dans notre chair et dans notre vie. C’est ici, pour moi, que se trouve une différence essentielle avec beaucoup d’approches contemporaines de la manifestation. Manifester n’est pas seulement obtenir une forme Beaucoup d’approches de la manifestation travaillent essentiellement sur l’axe horizontal : moi → mon désir → la forme que je veux obtenir. Comment attirer cette relation ? Comment créer cette abondance ? Comment obtenir cette maison ? Comment rencontrer cette réussite ? Mais si ce mouvement ne revient pas à la Source, s’il ne nous ramène pas à la contemplation et à la réalisation expérientielle de la relation dont notre être lui-même procède, nous pouvons obtenir exactement la forme que nous désirions et demeurer pourtant dans la même conscience de séparation. Et alors la souffrance demeure, peut-être se suspend un petit instant, puis recommence. J’ai désiré l’argent et je l’ai obtenu — mais maintenant j’ai peur de le perdre. J’ai désiré cette relation et elle est là — mais maintenant j’ai peur que l’autre parte. J’ai désiré la reconnaissance et je suis reconnu — mais maintenant je dois continuer à l’être. J’ai obtenu la forme, mais je lui demande encore de me donner ce qu’elle ne pourra jamais garantir : ma sécurité ontologique, ma dignité, ma permanence, mon être. C’est pourquoi la réalisation extérieure d’un désir ne suffit pas à nous libérer de la peur. On peut posséder immensément et vivre dans la terreur de perdre. Parce que ce qui n’a pas encore été réalisé est la relation à la Source. Retrouver la verticale Sans la verticale, notre puissance de créer ne disparaît pas. Nous continuons à créer, parce que créer appartient à notre nature, celle-là qui nous a été déjà donnée. Mais cette puissance peut devenir errante. Nous créons alors depuis la peur. Nous pouvons aussi désirer à partir de la peur, ou du manque. Et tout manque est manque de réalisation « de notre nature en relation ». Nous accumulons pour nous protéger de la perte. Nous cherchons à prendre du pouvoir sur l’autre pour ne pas être abandonnés. Nous nous rendons invisibles pour ne pas être attaqués. Nous cherchons à être reconnus pour nous convaincre que nous avons de la valeur. Nous créons pour éloigner la mort parce que nous la croyons absolument vraie. Lorsque nous retrouvons la verticale, quelque chose change radicalement. Nous nous souvenons que notre être ne commence pas avec la forme et ne reçoit pas sa nature de la forme. Nous retrouvons la relation entre la manifestation que nous sommes et le non-manifesté dont elle procède. Nous retrouvons notre position de réception. Et alors la création peut cesser d’être une tentative d’échapper à la peur ou au manque pour redevenir la joie de créer. La différence est très subtile.

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Femme sous des fleurs roses, image illustrant un article sur l'intimité, le désir et les frontières personnelles.

Quand une part de nous désire l’intimité et qu’une autre veut fuir

J’accompagne une femme qui connaît bien ce mouvement.Lorsqu’une possibilité d’intimité se présente — et plus encore lorsqu’il s’agit d’un homme et qu’une proximité devient possible — deux forces très puissantes apparaissent en elle. Une partie désire aller vers l’autre, se laisser approcher, se laisser toucher, vivre la rencontre.Et une autre veut presque immédiatement prendre de la distance, se protéger, se défendre. Ce mouvement ne se manifeste pas uniquement dans la sexualité. Il peut apparaître chaque fois que quelqu’un commence réellement à nous rejoindre : lorsque la relation devient importante, lorsque nous sentons que l’autre pourrait entrer dans un espace de nous jusqu’alors protégé. Mais il peut atteindre une intensité particulière dans le désir sexuel, parce que la proximité devient alors profondément corporelle. Nos frontières ne sont plus seulement psychiques ou émotionnelles : elles deviennent sensibles, charnelles, immédiates. Ce n’est pas simplement qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut.Ou plutôt, oui, mais cette confusion naît d’une complexité vivante et sensible en elle. Lorsque nos frontières ont été brouillées très tôt — dans des relations de fusion, d’intrusion, parfois d’abus — nous pouvons avoir appris à « sentir l’autre » très fort, parfois avant même de nous sentir nous-mêmes. Son désir, son attente, son besoin peuvent entrer dans notre espace intérieur jusqu’à devenir difficiles à distinguer de notre propre mouvement. Alors, lorsqu’un homme la désire intensément et qu’elle sent surgir en elle aussi du désir, une question devient centrale : Est-ce vraiment mon désir, ou suis-je en train de fusionner avec le sien ? Retrouver une disponibilité à une intimité plus sûre demande pour elle de retrouver quelque chose de très précis : le discernement de son propre désir. C’est une clarté vitale :Ceci est mon désir. Ceci est le tien.Ils peuvent se rencontrer. Ils peuvent s’éveiller mutuellement, se répondre, se transformer au contact l’un de l’autre.Mais ils n’ont pas à fusionner. Retrouver cette distinction est un chemin.Lorsque ces frontières ont été brouillées très tôt, il ne suffit pas de comprendre intellectuellement que mon désir m’appartient et que celui de l’autre lui appartient. Ca ne se reconquière pas en quelque jours car nous est dit que nous avons la permission du non, ca ne marche pas comme ca s’il y a un vécu traumatique. Cette différence doit progressivement être réintégrée dans le corps, dans les émotions, dans notre manière de sentir ce qui se passe en nous au moment même de la rencontre. Cela demande un travail profond : apprendre à reconnaître ce qui s’ouvre, ce qui se ferme, ce qui avance, ce qui recule ; reconnaître et accueillir aussi les mémoires qui se réveillent et les mouvements qui viennent véritablement du présent. Il faut réapprendre à sentir suffisamment clairement ce qui m’appartient pour pouvoir rencontrer le désir de l’autre sans m’y perdre.Et là une autre distinction devient essentielle :désirer n’est pas agir. Je peux sentir un désir très puissant sans devoir immédiatement décider quoi en faire.Je peux l’accueillir, le sentir dans mon corps, le laisser circuler, l’écouter, sans le réprimer et sans lui obéir. Avant même de me demander quelle serait l’action juste, je peux commencer par rester avec lui.Que désire réellement ce désir ? Car le mouvement immédiat ne dit pas toujours encore ce à quoi nous aspirons profondément. Il y a peu, j’explorais avec un homme le désir sexuel qui s’était réveillé en lui en présence d’une femme. En allant plus loin dans son expérience, nous nous sommes aperçus qu’il s’était senti vu par elle, reconnu, aimé d’une certaine manière. Et presque immédiatement, le désir était devenu très fort. En restant avec ce mouvement, quelque chose est apparu : il y avait en lui une envie de retenir cette expérience. De l’arrêter au sens de la fixer, de la rendre stable, de s’assurer qu’elle ne puisse plus disparaître. Ce n’était pas seulement cette femme qu’il voulait retenir. C’était l’amour.Quelque chose en lui aspirait à un amour qui reste. Qui ne change pas. Qui ne se retire pas. Qui ne puisse pas être perdu. Et là, le désir nous conduisait bien plus loin que sa première forme sexuelle. Il révélait une aspiration à quelque chose d’immense : un amour absolu, stable, éternel. Or aucune personne ne peut garantir cela. Aucune relation, aucun corps, aucune maison, aucun compte en banque, aucune condition de vie ne peut cristalliser la permanence de l’expérience de l’amour, parce que ce à quoi nous aspirons ici ne se trouve pas dans l’objet. La forme peut nous permettre d’en faire l’expérience. Elle peut être profondément précieuse, unique, irremplaçable dans ce qu’elle fait naître en nous.Mais elle ne peut pas contenir l’Absolu. Lorsque nous ne reconnaissons pas cette aspiration, nous pouvons diriger vers la forme quelque chose qu’aucune forme ne peut accomplir. Et c’est là que peuvent naître des mouvements très différents.Chez certains, cette peur de perdre l’amour peut conduire à saisir. Lorsque l’autre met une frontière, ne me laisse pas entrer, ne me désire pas comme je le voudrais, ou commence à s’éloigner, quelque chose en moi peut vouloir retenir, convaincre, contrôler, posséder.Dans ses formes extrêmes, ce mouvement peut aller jusqu’à la prédation : tenter de posséder ce qui me donne accès à l’expérience de l’amour afin d’empêcher cet amour de disparaître. Le mouvement de « prédation » peut alors être compris comme une aspiration immense, mais profondément mal dirigée : chercher dans la possession d’une forme la permanence d’un Amour que la forme ne peut garantir. Cela n’excuse évidemment jamais la transgression, la violence ou l’abus. La responsabilité de celui qui impose reste entière. Mais cela permet de comprendre plus profondément ce que le mouvement cherchait, derrière la manière dont il a appris à le chercher. Et chez d’autres, la même peur produit presque le mouvement inverse. Non pas saisir l’autre, mais s’abandonner soi-même pour ne pas le perdre. Je sens ton désir et je fusionne avec. Je laisse entrer davantage que ce que ma vérité intérieure aurait choisi.Je renonce un peu à ma frontière, j’en perds le signal.Je m’adapte.Je répète l’habitude à me perdre moi-même plutôt

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Quand on n’entre pas dans la relation par la même porte

Quand nous n’entrons pas dans la relation par la même porte, nous pouvons facilement prendre la différence de l’autre pour un danger. Et si le véritable enjeu était de reconnaître ce que notre histoire projette sur le présent, pour retrouver nos propres désirs et rencontrer réellement l’altérité de l’autre ?

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Quand attendre un message devient une longue apnée

Il y a une façon d’attendre qui anticipe, qui sourit, et une autre qui ressemble à une longueapnée, dont l’autre détermine la durée.Tu attends qu’il t’écrive.Vous vous fréquentez depuis quelque temps, ou depuis plus longtemps.Quand vous êtes ensemble, il y a du désir, de la tendresse, de l’intimité.Et toi, assez rapidement, tu as commencé à ressentir quelque chose d’important pour lui.Mais les rencontres sont sporadiques.Les jours passent. Parfois des semaines.Et tu attends.Tu regardes ton téléphone. Tu te demandes quand il proposera de vous revoir.Tu aurais envie de le chercher. Tu aurais envie de le voir plus souvent.Mais tu te retiens, tu ne le fais pas. Quand le silence devient une stratégie Parce qu’une partie de toi pense qu’il vaut mieux paraître autonome, indépendante, lumineuse.Une femme qui a sa propre vie, qui n’a pas trop besoin, qui sait prendre les choses comme ellesviennent. Une femme spirituelle peut-être, en tout cas un peu « résolue », capable dedétachement.Peut-être as-tu aussi l’information ou l’intuition qu’il a tendance à se retirer lorsqu’il sent tropd’attentes peser sur lui.Alors tu cherches à le rassurer à travers ton silence, comme si tu lui communiquais :Ne t’inquiète pas.Je n’aurai pas trop besoin de toi.Je ne te demanderai pas trop.Je ne t’enfermerai pas dans une cage.Tu peux continuer à me désirer. Pendant ce temps, pourtant, à l’intérieur de toi, il se passe tout autre chose.Tu te dis que ton comportement est sous contrôle et que c’est lui qui communique, qui agit dansla relation.Et en réalité, c’est loin d’être le cas.Ta pensée tourne en boucle autour de lui.L’anxiété monte, l’attente se prolonge, la frustration apparaît et devient bientôt du ressentiment.Une partie de ta vie semble rester suspendue jusqu’au prochain message.Tes amies te disent peut-être : « Laisse tomber. »Peut-être que cet homme ne désire pas la relation que toi, tu désires.Mais il y a quelque chose qu’il est important de rencontrer avant d’arriver à une conclusion, et ilne s’agit pas de la forme, du comportement approprié ou stratégiquement fructueux ouinfructueux.Parce que le problème n’est pas que tu désires trop.Et la solution n’est pas d’apprendre à désirer moins. Ce qui se passe en toi pendant que tu le désires La question pourrait être :Qu’est-ce qui se passe en toi « pendant que tu le désires » ?Attends-tu que ce soit lui qui fasse le prochain pas parce que tu as besoin de savoir à quel pointil te désire « spontanément » ?Caches-tu ce que tu ressens parce que tu crains qu’en voyant ta vulnérabilité, il puisse teconsidérer comme moins forte, moins consciente, moins autonome et donc moins désirable ?Anticipes-tu sa peur, en essayant de ne pas lui donner l’impression d’être enfermé ouresponsable de tes états intérieurs ?Cherches-tu à devenir la femme dont tu imagines qu’elle pourrait le faire tomber amoureux ? Enpensant qu’une fois une certaine sécurité conquise, tu pourras enfin te permettre de te montrerun peu plus entièrement ?Parfois, nous nous retrouvons pris dans une dynamique très douloureuse :plus nous désirons être rencontrés, plus nous cherchons à devenir la personne que nousimaginons pouvoir être choisie.Et ainsi, nous devenons de plus en plus difficiles à rencontrer vraiment.Mais cela ne signifie pas que l’étape suivante devrait être de prendre ton téléphone et d’écriretout ce qui te traverse.Parce que la vulnérabilité aussi peut devenir une stratégie, et c’est fréquemment le cas : unestratégie de soulagement.Parfois, nous disons à l’autre ce que nous ressentons non pas parce que nous sommes libresde l’exprimer, mais parce que nous n’arrivons pas à rester avec ce que nous ressentons.S’exprimer peut contenir une demande invisible et « désespérée » :Fais quelque chose pour que je puisse cesser de ressentir ce manque. Rassure-moi.Dis-moi que je suis importante. Montre-moi que tu me désires. Entre le silence et la parole Entre le silence qui cache et la parole qui cherche immédiatement une réponse, il existe unautre espace.La relation entre toi et toi.Un espace dans lequel tu n’as pas encore besoin de décider quoi faire.Tu peux rencontrer le manque. La peur. Le désir. La part qui attend. Celle qui craint d’être tropintense. Celle qui a peur que, si elle se montrait vraiment, l’autre s’éloigne.Non pas pour devenir tellement « régulée » que tu n’aurais plus aucun besoin ni aucun désir.Mais simplement pour ne pas la laisser seule, ni la déléguer à l’autre, précisément pendantqu’elle désire quelqu’un.Cet espace ne sert pas seulement à te calmer avant de parler à l’autre.C’est un lieu dans lequel, fois après fois, tu apprends à te retrouver.Jusqu’à ce que le fait de te retrouver devienne progressivement une partie de ta manière d’êtreet d’entrer en relation.Et alors, parfois, les mots eux-mêmes ne changent même pas.Tu peux continuer à dire : « J’aimerais te voir davantage », et la même phrase acquiert uneénergie complètement différente.Tu peux désirer profondément. Tu peux désirer qu’il te cherche, qu’il ait envie de te voir, qu’ildésire une relation plus présente avec toi.Tu n’as pas besoin de devenir indifférente pour être libre.Mais tu ne lui confies plus la tâche de répondre, à travers son comportement, à une question quine peut pas trouver entièrement sa réponse en lui.Peut-être qu’après t’être rencontrée, une partie de l’intensité cesse d’être de la peur.Peut-être que quelque chose de plus précis émergera :« Je me rends compte que je désirerais davantage de continuité entre nous. »Peut-être que ce jour-là, tu n’auras plus besoin de rien dire.On ne le sait pas à l’avance. Il n’existe pas de principes définissant le « bon » comportement àadopter.Parce que le point n’est pas de trouver la phrase juste pour le faire se rapprocher, ni pourperformer un nouveau respect de toi-même. Le lieu depuis lequel le geste naît Nous nous occupons beaucoup de la forme des choses : quoi dire, quand écrire, qui devraitchercher qui, combien attendre, combien se montrer, combien se retenir, quelles limitesadopter.Mais dans la relation, ce qui compte aussi, et avant tout, c’est le lieu depuis lequel un geste naît.Le même silence peut être liberté ou stratégie.La même parole peut être don ou tentative d’obtenir.La même vulnérabilité peut ouvrir un espace ou contenir une

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Quand le corps réagit avant que l'esprit comprenne - fight flight freeze et EMDR

Quand le corps réagit avant que l’esprit comprenne

Quand le corps réagit avant que l’esprit comprenneIl arrive que nous ayons énormément compris.Nous connaissons notre histoire. Nous reconnaissons nos schémas. Nous savons même, parfoisavec une grande clarté, comment nous voudrions répondre autrement à une situation : prendre durecul, poser une limite, rester présents, ne pas nous précipiter, ne pas attaquer, ne pas fuir.Et pourtant, lorsque quelque chose nous touche à un endroit particulièrement sensible, cettecompréhension semble soudain ne plus suffire.Le corps réagit. L’émotion monte avec une intensité qui dépasse notre intention. Le mentals’emballe. Nous savons ce que nous voudrions faire, mais quelque chose en nous semble déjàparti ailleurs.Les réponses souvent décrites par les termes fight, flight, freeze – et, dans le langagecontemporain du trauma, fawn – permettent de mettre des mots sur certaines de ces réactionsautomatiques.Et c’est précisément là que le travail avec l’EMDR peut devenir particulièrement précieux.Comprendre n’est pas toujours suffisantLa compréhension est précieuse. Elle nous permet de donner du sens à notre histoire, dereconnaître ce qui se répète et de voir plus clairement ce que nous voudrions transformer.Mais il existe des moments où ce que nous avons compris mentalement n’est pas encore devenuune possibilité vécue.Je peux savoir que je ne suis plus dans la situation d’autrefois. Je peux savoir que j’ai aujourd’huides ressources, des choix, une capacité de partir ou de dire non que je n’avais peut-être pasautrefois. Je peux même voir très clairement que ma réaction actuelle est plus intense que ce quela situation semble demander.Et pourtant, mon organisme peut continuer à répondre comme si quelque chose de l’anciendanger était encore là.Ce n’est donc pas nécessairement une compréhension supplémentaire qui manque. Parfois,quelque chose demande à être accompagné à un autre niveau : celui de la charge émotionnelle,des réactions physiologiques et des associations qui continuent à se réactiver dans le présent.La mémoire traumatique : quand le passé rencontre le présentDire que « le corps garde la mémoire » est une manière simple de décrire une réalité pluscomplexe : certaines expériences peuvent laisser des associations émotionnelles, corporelles etperceptives qui se réactivent lorsque le présent ressemble, parfois de très loin, à quelque chosequi a été vécu comme dangereux.J’en connais personnellement la force.Ayant vécu différentes formes de violence, pendant des années il suffisait que j’entende quelqu’unpasser sur le palier alors que j’étais chez moi pour que mon corps se fige et se metteimmédiatement en état d’alerte.Dans cet instant précis, pourtant, il n’y avait pas de danger.Mon corps ne répondait pas seulement à ce qui était en train de se produire. Il répondait aussi àce que ce bruit réveillait de mon histoire.Un rappel du trauma peut ainsi provoquer une réaction d’alarme alors que la menace anciennen’est plus présente. Dans les états post-traumatiques, l’hypervigilance, le sursaut, l’irritabilité,l’évitement ou l’engourdissement émotionnel font partie des réactions bien documentées.Quand l’état d’alerte modifie aussi notre perceptionEt cette activation ne concerne pas seulement ce que nous ressentons dans le corps.Elle peut aussi rétrécir notre perception du présent.Lorsque quelque chose en moi reconnaît du danger, mon attention se met naturellement àchercher ce qui confirme ce danger. Certains signaux prennent une importance immense.D’autres éléments du réel disparaissent presque de mon champ de perception.Cela ne signifie évidemment pas que le danger est toujours imaginaire, ni que ce qui se passedevant nous n’a aucune importance.Cela signifie qu’une situation présente peut parfois rencontrer une mémoire ancienne, et que nouspouvons alors répondre à plusieurs temps à la fois.Retrouver davantage de régulation ne sert donc pas à nous convaincre que « tout va bien ». Celapeut au contraire nous permettre de discerner plus justement ce qui appartient au présent, ce quiappartient à notre histoire, ce qui demande une limite, et ce qui peut être rencontré autrement.Fight, flight, freeze, fawn : quand la survie prend les commandesFace à une menace, notre organisme dispose de réponses extrêmement anciennes et utiles.Fight : combattre. Nous pouvons attaquer, devenir agressifs, accusateurs, chercher à reprendre lecontrôle.Flight : fuir. Nous pouvons ressentir un besoin urgent de partir, couper, éviter, disparaître.Freeze : nous figer. Le corps peut sembler paralysé ; nous ne savons plus quoi dire ou quoi faire.Il peut également y avoir de l’engourdissement, de la confusion, une sensation d’absence ou desphénomènes dissociatifs : comme si nous n’étions plus entièrement présents à nous-mêmes ou àce qui se passe.Le terme fawn, très utilisé aujourd’hui dans les approches informées par le trauma, décrit quant àlui une tendance à chercher la sécurité en s’adaptant excessivement à l’autre : dire oui lorsquenous voudrions dire non, apaiser, nous rendre extrêmement accommodants, préserver le lien àn’importe quel prix.Je préfère cependant ne pas transformer ces mots en nouvelles étiquettes. Ils décrivent desréponses possibles ; ils ne résument jamais une personne.Les relations : un lieu puissant de réactivationLes relations sont probablement l’un des lieux où ces mémoires peuvent se réactiver avec le plusde force.Un silence. Une distance. Un changement de ton. Une absence de réponse. Une limite posée parl’autre. Quelque chose qu’il fait – ou précisément quelque chose qu’il ne fait pas.Et soudain, la charge qui nous traverse paraît immense, parfois presque incompréhensible auregard de l’événement déclencheur.Nous pouvons attaquer. Fuir. Nous figer. Nous dissocier. Nous perdre dans une confusionmentale. Ou nous adapter à l’autre jusqu’à ne plus sentir clairement ce que nous-mêmes voulons.Lorsque l’intensité semble complètement disproportionnée, cela ne prouve pas automatiquementqu’un trauma est à l’œuvre. Mais cela peut être une invitation précieuse à regarder si quelquechose de plus ancien s’est activé.Car tant que cette charge nous submerge, notre capacité de discernement et notre liberté deréponse peuvent se trouver considérablement réduites.Et là encore, il ne s’agit surtout pas d’utiliser le trauma pour nier la réalité relationnelle. L’autre peutréellement avoir un comportement qui ne nous convient pas. Une relation peut réellementdemander une limite ou une séparation.L’enjeu est de retrouver suffisamment de présence pour pouvoir voir plus clairement.Quand même méditer devient inaccessibleIl existe également quelque chose dont on parle peut-être moins dans les milieux spirituels :lorsque le système nerveux est fortement activé, même l’espace méditatif peut devenirmomentanément inaccessible.Je le connais très bien.Lorsque mon système nerveux s’active fortement, essayer de méditer peut devenir pour moi uneperte de temps. Le mental tourne

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Suis-je une mystique ?

Ce que je peux dire, au-delà de toute définition, est que la contemplation est au centre de ma
vie, le lieu duquel tout le reste surgit : mes choix, mes actes, mes journées.
Je prends des heures tous les matins pour cela. Pour le silence, l’intériorisation.
Pour rejoindre ce lieu que, dans l’Évangile de Philippe, on appelle la chambre nuptiale.
L’expérience d’union avec le divin est là. Et mon choix est là aussi, renouvelé ou non chaque
jour. Car nous sommes libres de choisir à quoi nous consacrer chaque jour.
Et moi, je veux le connaître plus que tout.

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L’histoire de l’annulation

Cet homme en accompagnement me racontait que depuis quelques semaines il fréquentait une personne qui lui plaisait de plus en plus. Lors de notre dernière conversation, il m’avait décrit la « perfection », la beauté, l’incroyable compatibilité qu’il ressentait.
C’est toujours une bonne idée de se rappeler dès le début d’une relation, dans la phase d’idéalisation, que l’autre est un humain. Donc comme nous, sûrement « imparfait ». Plutôt que de se laisser complètement submerger par l’alternance entre tout blanc et tout noir, entre l’idéal et la déception.

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Ce qui m’agace chez l’autre parle souvent de moi

« Cette personne m’insupporte. » « Elle est trop égoïste. » « Il prend toute la place. » « Elle est trop dépendante. » « Il est arrogant. » « Elle est trop émotionnelle. » Nous pensons généralement que notre réaction parle de l’autre. Pourtant, elle parle souvent aussi de nous. Plus précisément, elle peut révéler l’existence d’une partie de nous-mêmes que nous avons appris à réprimer. Parfois, c’est notre créativité qui a été mise de côté. Parfois notre sensualité, notre force, notre colère, notre douceur ou notre capacité à nous affirmer. Parfois encore, c’est la part entreprenante, confiante ou audacieuse de nous-mêmes qui a été reléguée dans l’ombre.

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La guérison a commencé au moment où j’ai commencé à me relier au monde en étant moi-même, …

La guérison a commencé au moment où j’ai commencé à me relier au monde en étant moi-même, quand une brèche s’est ouverte dans mon masque et dans mon isolement, même au milieu des foules. Quand j’ai commencé à permettre l’émergence de mon être derrière le semblant, entre moi et moi-même, et entre moi et un autre, les autres. Les efforts de ressembler à un modèle apparemment plus fonctionnel, la souffrance de me comparer en me trouvant déficiente vis-à-vis de « ce à quoi je croyais devoir ressembler et que, immanquablement, je n’étais pas », rendaient la compagnie d’autrui amère, fatigante, froide.

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